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Séminaire scientifique "Rencontre des Polytechniciens" : l’expertise de l’Institut National Polytechnique Félix Houphouet Boigny sollicitée

Séminaire scientifique

Un séminaire scientifique dénommé "Rencontre des Polytechniciens" s'est tenu le lundi 16 novembre 2017, à la salle des Conférences de l'université Gamal Abdel Nasser de Conakry (UGANC). 

Publié - 13/11/2017 / (Source:MESRSCI ) /  Partagez:

Des sommités du monde scientifique et politique, parmi lesquelles le Ministre guinéen de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, M.Abdoulaye Yéro, le Président de l'X Polytechnique de Paris, M.Jacques Biot, le Recteur de l'UGANC, Professeur Doussou Lanciné Traoré, M.Sylla François ont pris part à l'ouverture de ce séminaire. 


Cet après-midi est prévu diverses rencontres scientifiques. L'objectif de ce séminaire de haut niveau est de jeter dans un délai d'un semestre les bases d'un rapprochement formel et durable entre l'UGANC et l'École Polytechnique de Palaiseau (l'X). Son succès permettra d'envisager la structuration prochaine en Guinée d'une filière d'excellence tant universitaire que pré-universitaire. Les expertises du Directeur Général de l'INPHB, le Dr Koffi N'Guessan et du Président de l'X Polytechnique de Paris, M. Jacques Biot ont été sollicitées pour faire aboutir le projet.

SEM Mamady Youla, Premier Ministre de la Guinée a reçu les délégations ivoirienne et francaise
Dans la continuité du séminaire scientifique sur la rencontre des Polytechniques, SEM Mamady Youla a reçu à la Primature les délégations ivoirienne et française invitées à Conakry pour apporter leur expertise en vue de la structuration prochaine en Guinée d'une filière d'excellence tant universitaire que pré-universitaire selon le modèle de l'X Polytechnique de Paris et de l'Institut National Polytechnique Houphouët-Boigny de Yamoussoukro. Les délégations conduites respectivement par le Dr Koffi N'Guessan, Directeur Général de l'INPHB pour la Côte d'Ivoire, et M. Jacques Biot, Président de l'X Paris, pour la France ont remercié le  Premier Ministre guinéen pour l'acceuil chaleureux puis ont félicité la Guinée qui, par ce projet prend le train d'une coopération scientifique prometteuse. Le  Premier Ministre Mamady Youla a encouragé vivement ses hôtes á la mutualisation des expériences et a dit c'est un rêve qui se réalise pour lla jeunesse et les autorités guinéennes.
Le Ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, M. Yéro Baldé a dit sa satisfaction de voir le projet prendre forme tout en relevant la nécéssité de la coopération scientifique pour le développement des pays du sud.
Après la Primature, le Ministre Yéro Baldé a accordé une audience à la délégation ivoirienne à son Ministère.
Le DG de l'INPHB lui a transmis l'invitation de son homologue, le Professeur Bakayoko-Ly Ramata qui attache du prix à la construction d'une Afrique de demain forte grâce à des ressources humaines bien formées et performantes.
   Rappellons que la délégation ivoirienne est composée du DG de l'INPHB, de la DRH Dr Kouadio, du Dr N'Cho responsable des Classes préparatoires et du Dr Oumou Dosso DirCom du MESRS

Nous vous proposons l’intégralité du discours du Directeur Général de l'INPHB, le Dr Koffi N'Guessan à la cérémonie d’ouverture

-         Monsieur le Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique de la République de Guinée,

-         Excellence Monsieur l’Ambassadeur de la République Française en Guinée,

-         Monsieur le Président de l’Ecole Polytechnique de Paris et les membres de sa délégation,

-         Monsieur le Président de la Conférence des Recteurs,

-         Monsieur le Recteur de l’Université de Gamal Abdel Nasser de Conakry,

-         Monsieur le Président de l’Association des Anciens Etudiants de l’Université Gamal Abdel Nasser,

-         Honorables participants

-         Mesdames et Messieurs de la Presse,

-         Chers étudiantes et étudiants,

-         Mesdames et Messieurs,

 

Je voudrais exprimer ma sincère gratitude à Monsieur le Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique de la Guinée pour cette opportunité qu’il m’offre de partager avec cette auguste assemblée quelques réflexions sur l’avenir de la formation supérieure en Afrique.

 

Monsieur le Ministre,

Permettez-moi de vous transmettre les salutations fraternelles de Madame le Professeur BAKAYOKO-LY Ramata, Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique de la Côte d’Ivoire.

 

Mesdames et Messieurs,

Je voudrais rappeler à votre bienveillante attention quelques éléments du contexte africain.

 

Le premier concerne la démographie.

En effet, selon les Nations Unies, la population de l’Afrique était de 1,203 milliard en 2016 dont 974 millions pour l’Afrique subsaharienne et 229 pour l’Afrique du Nord.

Cette population sera de 2,574 milliards en 2050 dont 2,193 milliards pour la partie subsaharienne du continent.

L’une de ses caractéristiques est son extrême jeunesse puisque les moins de 15 ans représentent 40 à 43 %.

Le taux de croissance démographique se situe entre 2,5 et 3,5 % par an malgré un fléchissement différentiel de la natalité en fonction des régions faisant doubler la population tous les 20 à 30 ans.

Cette croissance rapide a des répercussions significatives sur le système éducatif du fait de l’insuffisance des infrastructures pouvant accueillir, dans de bonnes conditions, les élèves et les étudiants.

 

Le deuxième élément de contexte est le retard technologique de notre continent.

Or, l’innovation technologique est le moteur de la croissance économique comme l’ont démontré encore récemment les pays d’Asie.

Ces deux éléments de contexte portent, en germes, les défis que les systèmes d’enseignement supérieur africains doivent relever.

En effet, on peut relever que les pays émergents d’Asie et d’Amérique latine ont consenti d’énormes efforts en investissant dans l’enseignement supérieur technologique. Ces pays ont ainsi tiré un profit remarquable de leur dividende démographique à partir d’un dividende éducatif dont la résultante est la disponibilité d’une main d’œuvre hautement qualifiée.

L’enseignement supérieur en Afrique au Sud du Sahara, confronté à des effectifs de plus en plus importants, a besoin de rechercher des solutions pour répondre à cette exigence liée à la démographie.

 

Quelles solutions durables pourrait-on trouver à l’accroissement sans précédent des effectifs dans le supérieur ?

La recherche d’alternatives innovantes s’impose car, dans le monde entier, sous l’effet de la mondialisation et des TIC, l’enseignement supérieur se transforme. Ces technologies nouvelles permettent de suivre des programmes internationaux sans avoir besoin d’émigrer.

L’enseignement supérieur africain ne doit pas rater cette révolution qui s’opère et qui transforme l’environnement de la formation.

A l’instar du téléphone mobile dont l’utilisation s’est véritablement démocratisée sur le continent, les TIC constituent une opportunité pour l’ensemble des élèves et étudiants d’accéder à des formations de qualité.

La production d’outils tels que les Moocs devrait donc être une préoccupation pour les formateurs et les gestionnaires du système en vue de s’assurer que les contenus sont adaptés aux réalités locales.

En ce sens l’e-éducation pourrait aider à faire face aux effectifs croissants.

 

Mais les défis de l’enseignement supérieur sont autant qualitatifs que quantitatifs.

L’enseignement supérieur africain doit viser, en permanence, un niveau de qualité respectant les standards internationaux afin d’inspirer la confiance des employeurs. Que ce soit les institutions publiques ou privées, il est nécessaire de mettre en place un système d’assurance qualité et inciter à des accréditations internationales.

Les Ecoles d’Ingénieurs de l’INP-HB s’inscrivent dans cette démarche : ceci implique la révision des programmes pour les adapter aux normes requises par la commission des Titres d’Ingénieurs (CTI).

Des contacts sont également pris pour intégrer la Conférence des Grandes Ecoles (CGE).

Mesdames et Messieurs, si la recherche de la qualité est fixée comme un objectif commun pour tous les acteurs du système, alors les innovations à introduire pourraient être acceptées par toutes les parties impliquées dans la formation (parents, élèves, Etat, employeurs, partenaires financiers etc.).

En outre, l’un des problèmes récurrents auxquels le système est confronté est l’insertion professionnelle des diplômés.

L’employabilité des étudiants doit donc être l’un des critères de performance ou de qualité des établissements d’enseignement supérieur.

 

Monsieur le Ministre,

Mesdames et Messieurs,

Est-il encore nécessaire de s’interroger si les formations actuelles débouchent sur l’emploi ou si elles s’adaptent aux emplois nouveaux ?

La qualité de la formation induit que soient pris en compte les points ci-dessous :

-         une concertation permanente avec les administrations et les entreprises en vue d’identifier les métiers du présent et du futur et aussi pour l’acquisition de l’équipement pédagogique adéquat,

-         la révision des programmes pour les adapter à la réalité des besoins,

-         la formation régulière des formateurs,

-         une gouvernance ambitieuse et courageuse de nos institutions de formation.

La question de l’employabilité ne se pose cependant pas uniquement pour nos étudiants actuels et futurs. Elle se pose également pour tout le « stock de diplômés » sans emplois dont il convient de s’occuper car, si des mesures audacieuses et courageuses ne sont pas prises, ce stock constituera une menace pour la paix et la stabilité de nos pays.

En réalité, ce stock de diplômés sans emplois devrait être une opportunité à saisir. A partir d’une politique de requalification soigneusement imaginée, ces diplômés pourraient être formés à des métiers nouveaux ou à des métiers dont les entreprises et les administrations ont besoin pour assurer leur développement et celui de nos pays.

La reconversion de ce stock en agents techniques peut être un atout considérable, par exemple, pour la modernisation de l’agriculture ou la redynamisation des entreprises.

 

A ce niveau aussi la question de l’accroissement et de la diversification du financement de l’enseignement supérieur sera déterminante pour avoir un système d’enseignement supérieur performant.

En effet, les Etats et les partenaires au développement ne disposent pas toujours de moyens pour financer les énormes besoins d’investissements.  En outre, le coût de la formation n’est pas supportable par les seules familles même avec l’émergence de classes moyennes.

Il s’avère donc nécessaire de rechercher des financements innovants en impliquant les entreprises, en développant des partenariats public-privés, en s’appuyant sur le secteur financier pour la mise en place de prêts étudiants.

 

La question du financement est indissociable de celle de l’évolution des modes de gouvernance.

Dans ce domaine, l’Afrique n’a pas suivi la tendance mondiale.

En effet, dans les pays de l’OCDE, par exemple, la gouvernance de l’enseignement supérieur a connu, depuis les années 1990, des évolutions qui vont dans le sens d’une plus grande autonomie des institutions. Ce qui a favorisé le maintien sur le long terme de la qualité et la diversification de leurs ressources.

La dernière réflexion que je voudrais vous livrer est la nécessité de cultiver la solidarité entre nos pays afin de leur éviter de disperser leurs efforts.

 

Aujourd’hui, certains pays en Afrique au sud du Sahara sont dotés d’infrastructures susceptibles de contribuer à des formations pointues pour des jeunes de toute la région. Ne faudrait-il pas s’appuyer sur ces hubs régionaux d’enseignement supérieur technologique ouverts à l’international pour mettre à la disposition des pays frères des cadres qualifiés et capables de créer des richesses en réseau ? C’est l’esprit du réseau des Centres d’excellence Africain (CEA) mis en place par la Banque Mondiale actuellement. Cette expérience est une opportunité à porter à la connaissance des pays et à saisir par les étudiants.

Dans le même sens, le Président Houphouët-Boigny, en bâtissant les Grandes Ecoles de Yamoussoukro, s’est inscrit dans cette logique et a voulu en faire un hub pour la sous-région.

Aujourd’hui, l’INP-HB qui regroupe ces ex-grandes Ecoles s’est donné pour ambition de devenir un creuset scientifique majeur en vue du développement technologique de la Côte d’Ivoire et la Région Afrique. Pour cela, l’Institut ouvre ses filières aux élèves les plus méritants des pays africains sans distinction de langues. Cet instrument de solidarité a l’avantage de favoriser un brassage entre les élèves et de renforcer, à terme, l’intégration africaine.

Vous noterez qu’à partir de nos classes préparatoires aux grandes écoles, tous les élèves peuvent accéder, grâce à leurs talents, aux grandes Ecoles de France dont l’Ecole Polytechnique de Paris.

A cet égard, un mémorandum d’entente a été signé depuis 2015 entre l’X Polytechnique et l’INP-HB. Le Président Jacques Biot, ici présent, nous a fait l’honneur d’effectuer le déplacement à Yamoussoukro à cet effet. Je saisis cette occasion pour lui témoigner toute ma reconnaissance pour son amitié.

Ses collaborateurs et lui-même ont été attentifs aux appuis à fournir à l’INP-HB, notamment aux Classes Préparatoires aux Grandes Ecoles ; il s’est agi principalement de l’implication de jeunes lauréats à l’X qui interviennent, dans le cadre de leur formation humaine, comme moniteurs en Mathématiques et en Physique.

A partir de leurs remarques constructives, l’INP-HB a amélioré significativement les programmes et obtenu des succès flatteurs aux deux dernières éditions du concours d’entrée à l’Ecole Polytechnique.

En outre, dans quelques jours, l’inauguration du « Data science institute », un programme de formation de niveau Master en Big Data, se fera à Yamoussoukro. Ce projet a été rendu possible grâce à l’appui de l’Ecole Polytechnique et du Groupe Orange.

Monsieur le Ministre,

Mesdames et Messieurs,

Le développement de l’enseignement supérieur devra être organisé autour de valeurs propres de sorte que dans la confiance, les barrières linguistiques et les frontières disparaissent progressivement. Cette ouverture à l’international permettra à l’enseignement supérieur africain de rattraper son retard relatif et de se positionner au cœur du développement local et national.

En définitive, il s’agit de faire de l’enseignement supérieur le moteur incontournable du développement durable en Afrique.

Je vous remercie de votre aimable attention.

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